« Every Day’s Women’s Day » – Valérie MOTTÉ, le portrait d’une fée.

Parce que la lutte pour les droits des femmes c’est tous les jours et non pas uniquement le 8 mars, « Every Day’s Women’s Day » est le titre d’une série d’articles proposée par « Ma Love Culture » qui, tout au long de l’année, souhaite continuer de mettre en avant l’histoire, les combats et parcours des femmes inspirantes à travers le monde.

 

Valérie Motté est auteure, médium, productrice…elle a mille vies et inspire tant par son courage que sa douceur. De chaque épreuve de la vie, elle a su retirer une force et beaucoup d’amour. Coach en développement personnel, échanger avec elle c’est insuffler du positif dans sa vie, apprendre à lâcher prise et à rêver aussivm2

A l’occasion du 8 mars et de la journée internationale des droits des femmes, nous nous sommes retrouvées autour de deux verres et une planche au Père Louis (à noter : leur sauce camembert et leur gouda à la truffe sont juste à tomber). Nous en avons profité pour parler de son rapport au féminin, au masculin aussi, de ses projets et de ses inspirations… Entretien.

 

Avec quelle représentation des femmes et de l’égalité as-tu grandi ?

Très sincèrement, j’ai surtout vu ma mère se dépatouiller pour m’élever et trimer avec un père défaillant. Il buvait beaucoup et ne pouvait donc pas s’occuper de nous comme il aurait dû. Je ne lui en veux pas mais, du coup, j’ai vu ma mère en faire deux fois plus pour compenser. C’est l’image d’une mère courage, vraiment. J’ai ensuite eu l’image d’un père avec mon beau-père qui est entré dans nos vie et a apporté un sentiment de sécurité. Pendant mon enfance, je pense que ma représentation des femmes a connu deux étapes : au départ j’ai eu la maman femme qui travaillait à l’extérieur, tout en s’occupant de moi et en assumant les défaillances de mon papa ; et puis, ensuite, plus une mère au foyer avec une famille nombreuse, recomposée et surtout un enfant à protéger, mon petit frère qui était malade. En revanche, à la maison, on n’abordait pas ces questions de la place de la femme, du féminisme… il n’y avait pas ces sujets-là. Ensuite, je suis partie assez jeune  de chez moi. J’ai emménagé à Paris, travaillé dans le milieu de la radio, un milieu artistique avec beaucoup d’hommes et assez misogyne – à l’époque, il y a 30 ans – il faut bien le dire, même si je n’ai pas eu à la subir : j’étais un peu la petite protégée de l’équipe à ce moment-là.

Dans ton livre autobiographique Pour tout ce que la vie nous donne, tu partages notamment l’histoire de tes rencontres, parfois douloureuses, avec certains hommes de ta vie. Aujourd’hui, as-tu une image conflictuelle de la gente masculine ?

Non pas du tout. D’ailleurs, ce que je constate aujourd’hui c’est qu’une certaine génération d’hommes est assez perdue, mais ils essaient de développer leur part féminine, d’écouter leurs émotions, leur sensibilité… Il y a un changement de conscience. On observe un retour à ce qu’on peut appeler le « féminin sacré », cette partie féminine divine empreinte de douceur, de sensibilité, d’amour et de compassion. Cette part féminine existe en chacun de nous, homme et femme. On est tous fait du yin et du yang, on a tous du masculin et du féminin en nous. Je travaille dans le développement personnel, mais même auprès de mes amis qui ne sont pas dans ce domaine, je vois que les gens, les hommes notamment sont plus à l’écoute de leurs émotions, les assument aussi : aujourd’hui, ils n’ont aucun mal à dire qu’ils ont pleuré devant un film par exemple. Pour les précédentes générations, ç’aurait été problématique. Aujourd’hui, ils osent s’autoriser ça et je trouve cela fabuleux. En revanche, on le voit dans l’actualité, cela n’empêche pas les inégalités entre les hommes et les femmes.

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Sur ton site internet, tu laisses aussi parler ta part de féminité. Tu réalises souvent le portrait de femmes ou de marques, plutôt de soins, toujours respectueuses de la nature. La beauté au naturel, c’est un sujet que tu apprécies ?

 

Concernant ma rubrique « Les Enchantements féeriques« , je mets en avant notamment des produits naturels, et souvent bio. Les petites fées que j’écoute et qui font partie de moi sont très sensibles à l’environnement, au respect de la nature. On peut aussi voir qu’assez souvent, ce sont des produits à base de rose dont je parle. Et quand on a des coups de coeur sur des produits qui font du bien : pourquoi ne pas les partager ? Ce ne sont que des propositions, chacun est libre de tester ou non. Mais j’aime mettre en avant les propriétés et valeurs d’élements naturels comme la rose, le miel. Le côté surfait, par exemple, ne m’intéresse pas. Je préfère le rapport à la nature et l’histoire de certaines marques.

Par quels combats, touchant des femmes, as-tu été plus particulièrement touchée au cours de la dernière année ?

La violence – toutes les formes de violence – envers les femmes. Quand on voit le nombre de femmes battues… Il y a encore quelques jours, j’ai été marquée par cette jeune maman morte sous les coups de son conjoint. Il y a encore un énorme chemin à faire pour lutter contre la violence infligée aux femmes. Je n’aime pas utiliser des chiffres et des statistiques, il y a avant tout de l’humain derrière les chiffres. Mais là,  tu me dis qu’une femme meurt tous les trois jours, plus de trente femmes tuées par leur conjoint depuis le mois de janvier, ça marque les esprits quand même…Ca me touche profondément. Ca devrait interpeller tout le monde. 

Tu racontes dans ton livre des passages de ta vie où beaucoup auraient pu baisser les bras, notamment une période où tu as vécu dans ta voiture. Quel message souhaiterais-tu partager avec des femmes qui se trouvent actuellement en situation précaire ? 

C’est très délicat. Ce serait impudique de donner un conseil, et qui suis-je pour en donner ? Chaque histoire est unique. Mais, de par ma propre expérience – et je prends la responsabilité de cette étape-là de ma vie, c’est mon cheminement – j’aimerais leur dire que c’est important de continuer à croire en soi. Ce n’est pas parce qu’on est dans la précarité qu’on ne vaut rien, on a vraiment tous des qualités, un potentiel. Il faut garder foi en soi, et garder foi en la vie. Parce que même quand on est « au plus bas », et je l’ai vécu, il y a toujours un sourire, une main tendue. Il y a toujours eu, à un moment donné, quelque chose et quelqu’un qui m’ont permis de rebondir, parce que j’avais cette foi en la vie. Ce n’est que mon point de vue et ce serait déplacé d’en faire un message pour toutes et tous, je sais que quand on souffre c’est très difficile, épuisant tant physiquement que psychologiquement. Mais oui, si j’avais l’occasion de parler à une femme dans cette situation, je lui dirai de garder foi en la vie, et en elle surtout.

Pourrais-tu te définir comme féministe ? 

Je trouve qu’on donne vite un côté extrême à ce terme, c’est dommage. Je suis fière d’être une femme, pour tout ce que cela représente, mais je trouve que ce mot a presqu’été dénaturé. Je vais donner un exemple tout simple : lorsque j’étais au lycée, en cours d’économie je devais utiliser le dictionnaire économique et social. C’est un exemple qui me reste en tête car il y avait donc les définitions de plusieurs termes courants, et dans la pratique je ne m’y retrouvais pas du tout. Comme s’il y avait un décalage entre les mots et la réalité. Avec le féminisme, du moins avec le terme, c’est la même chose. J’admire les combats qui ont été et qui sont encore menés aujourd’hui pour les femmes. C’est pour cela que je vote toujours : même si je dois voter blanc, j’irai voter. Car des femmes se sont battues pour ça, et il faut honorer leur mémoire, leur combat et garantir nos libertés. Si c’est ça être féministe, alors oui, je le suis. Mais si être féministe c’est détester les hommes, non, je suis pour un féminisme qui demande l’égalité. Nous avons tous, comme je le disais, une part de féminin et de masculin ; nous avons tous besoin l’un de l’autre également : et il faut faire co-exister un respect mutuel et une tolérance. Aujourd’hui, et c’est un problème, je ne sais plus ce qu’on entend par « féminisme ».

Quelles femmes t’inspirent au quotidien ou t’ont inspiré dans la vie ?

Alors il y a une femme qui m’a toujours beaucoup inspirée, c’était un rayon de soleil : c’était soeur Emmanuelle. Yalla (en avant) ! C’est elle qui m’a fait découvrir ce message. C’était la bonté même, elle m’inspire encore beaucoup. Une autre femme dont le parcours m’a beaucoup touchée : une femme chirurgienne en pédiatrie, Francine LECA. La chirurgie cardiaque, notamment sur les enfants résonne en moi, de par l’histoire de mon petit frère Erwan atteint de problèmes cardiaques et décédé très jeune. Et un jour, j’ai vu ce reportage sur cette femmme qui a créé l’association « Mécenat cardiaque » *, une organisation qui aide des enfants atteints de maladie cardiaque et leur permet d’être opérés en France. J’ai trouvé ça tellement formidable ! Ensuite, je suis toujours admirative du travail du personnel soignant, les directrices de maisons de parents aussi que j’ai pu rencontrer lorsque je rendais visite aux enfants malades. Ce sont des femmes remarquables. Toutes celles qui accompagnent les enfants. Certaines sont là jusqu’au bout, pour les enfants en fin de vie… je les admire beaucoup. Je pense aussi à toutes les mamans qui ont perdu un enfant – et les papas aussi, mais là on parle de femmes. Continuer à vivre avec ça, il faut beaucoup de courage et d’amour. Je suis très sensible à ça. Et puis, bien sûr, toutes les femmes qui se sont battues pour nos droits, comme Simone Veil. Et au quotidien, ma maman, toutes les résilientes, les femmes passionnées qui osent sortir de leur zone de confort, qui osent prendre des risques, se confronter à des échecs – qui n’en sont pas à mes yeux – et qui savent toujours rebondir. Mes amies m’inspirent beaucoup. Des femmes de différents univers, qui ont différents métiers, différentes personnalités et qui sont des warriors elles aussi.

Tu viens d’en parler : l’un de tes combats fil rouge dans ta vie, c’est celui pour soutenir les enfants malades.

Ca a été pendant de nombreuses années l’épanouissement de l’enfant malade et l’accueil de sa famille pendant son séjour à l’hôpital. C’est toujours quelque chose qui me touche. Je suis beaucoup moins présente auprès des associations que j’ai suivies pendant 20 ans* ; aujourd’hui ma manière d’être bénévole c’est d’être une épaule pour des personnes, peut-être plus proches, et qui en ont besoin.

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©Editions Pygmalion/Stéphanie Roze. / Avec l’aimable autorisation de Valérie Motté. / Retrouvez les illustrations dans « Douceurs Angéliques », l’un de ses livres.

Si tu devais définir le fil rouge de ta vie, ou de ce que tu es aujourd’hui, quels sont les 3 mots que tu choisirais ?

Courage, détermination et gratitude pour mon histoire, ce que j’ai vécu ; et aujourd’hui j’ajouterai le partage et l’amour. C’est essentiel dans la vie.

Un conseil d’auteure à découvrir, ou d’un livre qui parle des femmes  ?

Doreen Virtue : elle est l’une des papesses des ouvrages de fées et d’anges. Ses livres sont très beaux, bien illustrés. Son livre « Oracle des Anges : 365 conseils de vos Anges » (éditions Exergue) se trouve toujours sur ma table de chevet. C’est du développement personnel, de la spiritualité, il y en aurait plein d’autres, mais cela va dans le fil de notre conversation, je vous conseille de la découvrir.

Tu as un don qui te permet de communiquer avec le monde invisible, d’être plus sensible à ses messages. Aurais-tu un message pour nous aujourd’hui ?

J’ai été inspirée et éclairée aujourd’hui lors de mes rendez-vous précédents. Mais un message universel qui peut être quotidien c’est : AIMEZ, de tout votre être. Aimez et osez le dire surtout. Et puis, quand on sent de l’animosité ou de la jalousie, pensez à répondre en envoyant de l’amour dans l’invisible aussi. J’adore envoyer des coeurs et de la lumière par la pensée, je les visualise.

***

Pour suivre Valérie Motté : rdv sur son site internet, ses portraits et rencontres féeriques ou lumineuses ; et à venir : un livre de développement personnel qu’elle co-écrit en ce moment.

Pour aller plus loin : (re)découvrez notre précédent entretien, lors de la publication de son livre « Douceurs Angéliques ».

*Les associations auxquelles Valérie Motté fait référence dans cet entretien : 
Une association qui a touché Valérie Motté : celle de Francine Leca, chirurgien et son association pour les enfants atteints de maladies cardiaques : https://www.mecenat-cardiaque.org/association.html
Une association pour laquelle Valérie Motté a été bénévole : La maison des parents ; Une maison au coeur de la vie: https://www.fondation-ronald-mcdonald.fr/vous-aider/maison-villejuif/
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